Lundi 4 août 2008
Cette bande dessinée a pour sujet
principal les comics, c'est à dire, pour simplifier, les BD publiées aux Etats-Unis dans des magazines. Exemple : Spiderman, Batman, les X-Men chez Marvel, etc...Si on devait faire un rapprochement, les comics sont aux Etats-Unis ce que les mangas sont au Japon, vous voyez ?
Ce livre donc parle de comics. Un jeune critique de presse américain décide un jour de se rendre en Nouvelle-Zélande pour se renseigner sur un auteur de Comics, Dick Burger, qui a fait fortune grâce à une série dont la figure de proue est Captain Tomorrow, un héros en costume licra qui comme bien d'autres sauve souvent le monde. Le journaliste, Léonard Batts, arrive ainsi à Hicksville, petite ville d'où est originaire Dick Burger et qui peut un peu s'apparenter au trou du cul du monde. Seulement quand il explique à la population rencontrée qu'il veut écrire un livre sur Dick Burger, tous deviennent hostiles et ferment leur porte.
Pourquoi donc ces gens qui connaissent une sommité du milieu de la bande dessinée ferment-ils ainsi leur porte ? Léonard va se lancer dans une enquête pour le découvrit.
"Hicksville" est en Noir et Blanc, un style que j'affectionne tout particulièrement. Le dessin est beau, pas ce que je connais de mieux tout de même. Ce qui est original, c'est que Dylan Horrocks a dû utiliser plusieurs styles de dessins pour cet oeuvre à cause de différentes mises en abyme. Ainsi, il n'est pas rare au cours de l'histoire de rentrer un instant dans la peau d'un personnage qui est en train de lire un comics. Ce procédé est original et je n'avais jamais rien vu de tel (cela devait quand même exister). L'auteur a donc dû conserver son style est en inventer pour les personnages qui dessinent des comics.
L'histoire stagne un peu au tout début du livre, mais passé le quart, le suspense est tel que l'on est happé et que l'on veut savoir quel est le mystère qui entoure ce fameux Dick Burger. Certains passages s'apparentent à des méditations (sur le passé, sur la morale) alors que la plupart du temps, c'est l'action qui se joue.
Le personnage principal est sans doute un prolongement de Horrocks, celui-ci s'étant fait apparaître au tout début du livre (pour l'introduction) et recevant des cartes postales l'invitant à revenir en Nouvelle-Zélande, sa patrie natale, ce que Léonard Batts va faire à sa place. L'histoire est ainsi entre l'autobiographique et le romance, elle est aussi entre l'imaginaire et le réel puisque des vrais auteurs de comics sont intégrés à l'histoire, notamment Jack Kirby qui est sensé être l'inspirateur de Dick Burger et qui est l'un des auteurs de comics les plus célèbres ayant existé. Léonard a d'ailleurs fait son succès dans le monde des comics en écrivant une biographie de Jack Kirby.
De nombreux thèmes sont abordés dans ce bouquin, l'amour comme toujours, le comics avec une critique contre son industrialisation (des auteurs qui sous-traitent et ne font même plus les dessins) et son apologie en tant que genre, le showbiz et ses déviances, le pillage des oeuvres, etc etc...
Un livre hybride donc et très bien écrit, un dessin agréable et de quoi passer quelques temps sur une bonne bande dessinée avec des personnages attachants. A lire.
par Satierix
publié dans :
BD
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