Mercredi 28 octobre 2009
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A la fin de la seconde guerre mondiale, Alan Ingram Cope est mobilisé par l'armée américaine pour aider à l'occupation des territoires alliés en Europe.
Emmanuel Guibert nous raconte les mémoires de ce soldat qui n'aura vécu assez longtemps pour voir "sa" bande dessinée sortir et connaître le succès (nominations dans les festivals de bande
dessinée.
Tout au long de cette oeuvre, nous nous promenons au gré des anecdotes contées par cet homme qui va apprendre la vie et les relations humaines au fur et à mesure de tout ce que la guerre va lui
permettre de connaître, cela de la formation accélérée qu'il connait en amérique avant de partir à l'aventure jusqu'à la fin du conflit. Pour cela il passera par de nombreuses fonctions dans
l'armée, se découvrant au fur et à mesure de nouvelles
compétences.
Ce qui est assez étrange dans cette bande dessinée, c'est qu'elle aborde la guerre
sous un angle auquel l'on n'est pas forcément habitué car Alan arrive sur le tard en France,
après le débarquement allié. On est alors dans une phase somme toute assez
tranquille avec peu de combats, et cela laisse beaucoup plus de place aux relations humaines, que ce soit entre les soldats eux-mêmes ou avec toutes les personnes diverses et variées qu'Alan va
recontrer au cours de son périple. Ce n'est d'ailleurs pas
vraiment un récit de guerre, mais plutôt un patchwork d'anecdotes. Parfois dans la narration, on passera du coq à l'âne car un personnage en évoquera un autre au militaire et d'autres petites histoires, le
récit gardant tout de même un fil conducteur : la progression
des soldats à travers l'Europe, de la France vers l'Allemagne. Guibert et Cope ne se sont pas contentés de parler uniquement de la période de guerre d'ailleurs, mais aussi de ce qui s'est
passé des années plus tard après le conflit, ce que les
personnes rencontrées sont devenues et les liens qu'Alan a gardé avec elles.
Quoi qu'il e
n soit, les trois volumes de cette bande dessinée se lisent très bien et le style graphique adopté par Emmanuel Guibert (deux couleurs, blanc et sépia, je pense que la technique est l'aquarelle) colle parfaitement au
récit ancien. La façon utilisée pour raconter nous donne l'impression qu'Alan s'adresse directement à nous ou au dessinateur, ce qui est encore plus immersif et nous incite à continuer, comme si
une personne agée nous racontait sa guerre au coin du feu
pendant l'hiver.
Certes, des passages paraîtront plus ennuyeux, mais le tout reste quand même passionnant et très enrichissant sur le plan humain et parfois même philosophique. Une autre vision de la guerre assez
éloignée de tout ce que l'on nous sert sur le sujet depuis des années.
Par Satierix
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Publié dans : BD
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