Jeudi 6 août 2009
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14:43
Après les quelques considérations générales parues il y a quelques temps, passons à la musique !
Bien entendu, je n'ai pas pu tout voir et certains groupes seront délaissés. Je mettrai un lien pour les Myspace de chaque artiste, histoire de se faire un idée.
Début en plein soleil pour ce vendredi (et après trois-quarts d'heure de marche sportive, youhou !).
Celui qui avait l'honneur d'ouvrir le bal était un canadien nommé David Celia. Je ne suis pas resté longtemps à son concert (20 minutes) car je
voulais voir autre chose mais demeurer devant la scène ne m'aurait pas gêné. Un set agréable et pop-folk aux accents parfois country, très rafraîchissant. Le bonhomme a l'air très sympathique et
ses compositions passent très bien. Comme toujours, dommage qu'il n'ait pas eu plus de public mais à cette heure là un vendredi, il y'en a encore qui bossent (ou qui n'arrivent pas à
l'heure).
Ce que je devais voir ensuite, c'est bien sur Cristal Palace à la Papamobile. Depuis que je les ai vus en première partie d'Adam Green (cf
Adam Green au 106), je ne fais qu'en dire du bien. Du rock énergique plus orienté post punk, avec même une petite rythmique funky
par moment. Le tout reste dans une ambiance assez dark avec un petit côté dissonant et noisy (pas autant que Sonic Youth ou My Bloody Valentine) qui rapproche parfois de certains groupes
new-yorkais. Je n'avais pas remarqué la dernière fois l'importance de la basse, mais l'assise des morceaux se construit assez souvent sur une bonne ligne de basse. C'est ce qui m'a marqué sur ce
concert car je ne l'avais pas entendu avant, mais les autres membres du groupe sont aussi excellent, dont la frontwoman à la voix qui ressemble un peu à celle de Siouxsie (cf le premier album de
Siouxsee & The Banshees "The Scream" par exemple). Comme je le disais déjà il y a quelques mois, j'espère qu'ils vont percer et jouer sur la grande scène une autre année au festival, car ils
auraient bien été meilleurs que d'autres groupes affreux que l'on a pu entendre. A ce que j'ai vu, une date le 26 septembre à l'Abordage, c'est déjà pas mal et il faudra y être.
Après ce bon moment, il fallait se dépêcher pour être à la scène B. C'était le tour de Java, groupe de rap-musette (un genre assez peu
représenté) qui a accompagné mes années de fac. Pour définir le style, rien de mieux que le titre de leur hymne "Sexe, accordéon et alcool" qui ouvrait le premier album et qu'ils ont présenté ici
en version longue pour conclure. Sur scène, quatre gars à l'énergie débordante, un chanteur (ou plutôt MC), R-Wan avec une chemise à carreaux (on en voit peu), un bassiste, Pépouseman, à la
crête punk et au costume à culotte courte comme Angus Young, un accordéoniste au canotier, Fixi, dont les doigts galopent sur son piano du pauvre et un batteur qui se défoule efficacement sur ses
futs au fond. Leur musique est un savant mélange entre constituantes de la musique et rythmiques hip-hop, les textes étant bien souvent humoristiques ou caustiques avec un petit côté engagé ("Ta
Gueule"). Je ne me souviens plus de la tracklist, mais je trouve quand même que certains titres manquent à l'appel. C'est le coeur qui parle, mais un petit "Dieu" a manqué. C'est sur que le petit
passage ou le groupe danse la java, la vraie cette fois, avec une partie du public sur scène et l'autre dans la fosse, est bien sympathique, mais il pourrait être écourté au profit d'un ou deux
autres morceaux. De plus, les dernières compositions m'ont moins convaincu, mais c'est peut-être parce que je les connaissais bien. C'était à voir quand même rien que pour l'énergie et pour
l'originalité du style. A noter que Java est le seul groupe ayant fait bouger le public aussi tôt depuis que je vais au festival.
Changement de scène pour voir le groupe suivant : les Naïve New Beaters. Alors là, comment dire...en essayant de rester un brin mesuré...
Parlons de la musique d'abord : assez bon, ça groove et ça "beate" bien même si sur le fond c'est quand même un peu répétitif. Ils ont un gros succès et surfent sur le buzz engendré par leur
participation à une publicité et par de bonnes critiques dans la presse musicale. Mais bon, je ne sais pas si c'est de la dérision, si c'est fait exprès ou pas, mais le faux accent américain mal
imité quand le chanteur (qui se fait appeler David Boring, ce qui veut dire ennuyeux, un nom prédestiné qui fait penser à une image volontaire du coup) fait ses speechs, ça va 2 minutes et après
on se lasse (comme l'abréviation de nom du groupe par exemple N.N.B.S., j'ai mis du temps à comprendre, j'étais subjugué). Et puis les tenues... Y'aurait-il besoin de tout ça pour se faire
connaître ? En tout cas, si vous devez ne retenir qu'une chose, c'est quand même de la bonne musique alors essayez de mettre cette image de côté (certains aiment surement leur numéro, je suis
quand même un gars super braqué alors...). De toute façon je reviendrai sur leur prestation à Budapest dans quelques temps, j'essaierai de me concentrer sur leur musique cette fois-ci.
L'heure du repas approchant, nous sommes ensuite allés nous poser dans l'herbe, mes compagnons de festival et moi, pour aller déguster un succulent sandwich à la raclette devant Alela Diane. J'avais entendu le plus grand bien de la dame et ses disques sont acclamés. Elle a des qualités vocales et musicales indéniables, allez
faire un tour sur sa page Myspace en cliquant sur son nom pour vous rendre compte. Mais plusieurs choses. Tout d'abord, c'est le genre d'artistes qu'il doit être bon de voir soit en intérieur
dans une salle aux places assises, soit autour d'un bon feu de camp en forêt si on a la chance de la connaître. Une scène de festival en extérieur ne se prête pas trop à ce genre de musique.
Ensuite, j'ai trouvé le concert du soir un peu sans relief, avec des chansons un peu toujours identiques. Je n'ai pas réussi à être captivé par la musique folk voire country d'Alela et son
groupe, et j'en suis désolé. Par contre, je signerais volontiers pour la revoir sur scène dans les conditions décrites plus haut, et j'achèterai peut-être un de ses disques si un jour je peux les
trouver à des prix un peu moins prohibitifs (il faut compter 20 euros pour le moment...).
Ce moment bucolique passé, dirigeons nous vers Deerhoof. Coucou à ceux que j'ai rencontrés pendant le concert s'il lisent ses lignes, Aurél, Loulou,
Anaïs et David et à ceux qui les accompagnaient et que je ne connaissaient pas. Comme le disait Aurélien à propos du concert de Deerhoof : "C'est de la merde, hein ?". J'ai essayé un moment
de me dire avec mon esprit de contradiction qu'il y avait quand même des bonnes choses, mais j'ai eu du mal à rentrer dans le trip de ce groupe expérimental. C'est vraiment trop alambiqué pour de
la scène. Et il faut aimer une chanteuse, Satomi Matsuzaki, qui fait plus d'onomatopées et de cris d'animaux que de chant sur paroles. L'expérimental comme ça, peut-être que ça passe sur
disque mais sur scène c'est difficile. Un concert que je n'ai pas trop aimé donc, et pourtant d'habitude je suis très ouvert.
"C'est quand qu'elle arrive Olivia ???" me glisse J.M. surexcité à l'idée de voir la petite chanteuse rescapée de l'émission poubelle de TF1. Bientôt mon cher, bientôt ! Garde ton calme et allons
écouler quelques décilitres de bière supplémentaires (pour le vendredi, c'est toi qui a gagné).
Autant Deerhoof m'a plutôt laissé de marbre (j'ai quand même essayé de bouger le petit doigt), autant les Thermals m'ont clairement convaincu, et pas seulement
grâce à Kathy sa bassiste super mignonne. Ce power trio vient de Portland dans l'Oregon et sert un rock direct plein d'énergie. Des chansons taillées pour la radio et dans le tas quelques hymnes
faciles à scander pour le public (à bases de oh-hé-ho). Par certains aspects, il y'a un petit côté Strokes ou Blood Red Shoes, mais ils ont le petit plus d'énergie qu'il manque aux New-yorkais
(quoique sur scène je ne sais pas) et ils sont un peu moins bourrins que le duo de Brighton. Ils sont contents d'être là et font passer leur énergie positive au public, celui-ci le leur rend
bien. Hutch Harris, le chanteur-guitariste, joue son rôle très bien même s'il n'est pas le plus charismatique des frontmans que j'ai pu voir. A noter que les Thermals étaient le seul groupe à
vocation plutôt pop-rock cette année (plu rock que pop quand même), je veux dire du rock binaire bien carré avec guitare-basse-batterie.
Après cette déferlante rock (pas encore la plus grande de cette édition), voici Olivia Ruiz. Doucement Jimmy, non, ne te jette pas sur la scène !!!!! Bon Ok, ce n'est pas vrai, il est resté calme
avec une lueur dans le regard.
J'avais bien apprécié le deuxième album d'Olivia Ruiz, "La Femme chocolat" qui est le seul que je connaisse même si le matraquage
radiophonique et télévisuel commence à être sérieusement gonflant. Du genre à vous dégoûter d'un artiste. C'est en partie pour ça que je n'écoute plus de musique à la radio...
J'ai été un peu déçu par ce concert. La musique est loin d'être mauvaise, elle est même bonne. Les musiciens jouent carré et Olivia chante très bien en donnant toute l'énergie qu'elle a. Mais
bon, il m'a manqué un petit quelque chose pour vraiment être bluffé. J'ai eu l'impression que le groupe voulait donner quelque chose de vraiment rock sans vraiment y parvenir. J'ai ressenti un
peu la même chose quand j'ai vu Cali il ya deux ou trois ans, on voit bien que les musiciens sur scène donnent tout ce qu'ils ont, mais ça ne me touche pas, et je n'y peux rien. Un bon concert
donc mais quelque chose qui ne me convient surement pas. Tout le répertoire est là avec plein de chansons qui sont toutes devenues des tubes ("La femme chocolat", "J'traîne des pieds",
"Goûtez-moi", "Elle panique") et des arrangements qui font parfois penser à Dionysos et à leur album "La Mécanique du coeur", j'aurais cru entendre un remake du rap avec Emilie Loizeau. Allez
j'avoue, monter sur une balançoire à une telle hauteur pour finir le concert je n'aurais même pas osé...
La chanson française passée, voici Fishbone. Un truc de fou dans lequel je n'ai pas eu trop le temps de suivre la musique tellement ça
bougeait, dès le premier morceau il y avait déjà un musicien en train de slammer. Trois ou quatre ont dû se prêter à l'exercice, ce qui est assez rare. Pour résumer, d'après ce que j'ai
compris, les Fishbone sont un peu les créateurs du style fusion et ont commencé à peu près en même temps que les Red Hot Chili Peppers. Ces derniers au début ne faisaient pas encore d'albums pop
formatés pour la radio comme aujourd'hui. La seule différence, c'est que les Fishbone sont restés confidentiels pendant que les Red Hot ont connu le succès mondial. Finalement une musique très
diverse avec des influences aussi bien dans le metal que dans le reggae/ska ou le funk, avec des musiciens très bons qui se donnent à fond. Ca groove un max, les vétérans assurent et des concerts
comme ça, on pourrait en reprendre une dose tous les jours.
Dernier groupe de la soirée avant les sets de DJ, Ghinzu était déjà passé il y a quelques années à Evreux. La prestation des belges avait alors été peu
convaincante, surtout à cause du son déplorable que l'on avait pu entendre avec des basses beaucoup trop fortes. Problème résolu pour ce nouveau live avec ce concert qui est l'un des meilleurs de
l'édition 2009. Du rock pur et dur avec des morceaux parfois un peu plus longs et expérimentaux, un chanteur qui assure le show jusqu'à monter sur son clavier (j'oserais pas tester la solidité du
stand perso). Difficile de vous faire un topo sur le répertoire car je ne connais pas le groupe, mais les quelques tubes qu'ils comptent à leur palmarès étaient bien là dont "Do You Read Me".
Leur hommage à Michael Jackson, une reprise de "Beat It " était par contre complètement foirée, mais reprendre ça rapidement sans répéter est un exercice ardu.
Pour finir le vendredi, deux sets de DJ étaients prévus. Le premier, celui de Missill était très réussi. D'abord parce qu'elle sait faire monter la
pression jusqu'à l'explosion de beats et de basses, ensuite parce qu'elle glisse de temps à autres des samples de morceaux archi connus comme "Killing In The Name " de Rage Against the machine.
Ponctués de "Du bruit ! " hurlé dans le micro et d'une attitude très énergique avec un look de diablotine, un bon moment où l'on aura pu sauter comme des dingues jusqu'au mal de dos chronique en
balançant le bras en avant.
Finalement, le set de Nil Hartman était composé de ses propres compositions. Tout seul avec son iBook, sa musique n'était pas mauvaise, loin de là
mais elle était beaucoup moins enthousiasmante que celle de Missill, et en étant un brin fatiguén il était difficile de suivre et de résister à la tentation d'aller se coucher.
Voici pour la première journée, désolé pour les artistes délaissés et à bientôt pour la suite !
P.S. : je vais ajouter des photos mais pour l'instant pas le temps, je dois partir à Budapest !
Par Satierix
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Publié dans : Live
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