Samedi 22 août 2009
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16:11
Ca fait tellement longtemps que le festival e
st passé... Et un Sziget
entre deux... Ca risque d'être dur de se souvenir de tout. Reprenons le programme.
Au tout début de ce samedi, scène B : The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads. Pour le
peu que j'ai pu voir, ce groupe de Reims m'avait l'air très bon, du pop folk rock joué dans la bonne humeur qui m'a fortement fait penser à des groupes comme I'm From Barcelona ou Clap Your Hands
Say Yeah (le côté dépressif du chanteur en moins). Si vous voyez ce nom (et comment le louper tant il est alambiqué) sur une affiche, foncez si vous aimez les groupes cités au dessus et le
folk-rock en général.
C'était un peu contre mon gré que je changeais de scène, mais finalement j'ai bien fait de suivre. Après une prestation remarquée en première
partie des Ting Tings et d'Etienne de Crécy aux Terrasses du Jeudi à Rouen, Dead Rock Machine était attendu par un bon nombre de festivaliers.
Ce groupe parisien donne dans l'électro rock et réussit l'une des missions principales : faire bouger son public. Comment rester insensible à ces mélodies si bien foutues et aux paroles si
simples à entonner. Pour armes, un clavier chacun, une basse pour l'un et une guitare pour l'autre (une Fender Mustang, pas courant) et un Mac. Pas de prise de tête, c'est direct, ça beate, ça
groove , les gars font ça avec un enthousisasme communicatif et on en redemande.
En revenant des excellents DRM, il y avait sur scène les Fucked Up, un groupe de hardcore
venant du Canada. Ca il y avait de l'énergie et ça arrachait avec cet immense chanteur (je veux dire par sa corpulence, un fort beau bébé tatoué) qui il me semble s'est mis à slammer au bout d'un
moment, je n'aurais pas aimé être au premier rang. Je ne dirais pas grand chose de plus, j'ai dû voir cinq minutes de concert.
Suivait Orelsan sur l'autre scène, le rappeur le plus controversé du moment accusé de machisme par
tout le monde et faisant l'objet de beaucoup de demandes, par les politiques, de déprogrammation. Le pronostic de certains c'était il va se faire huer par tout le festival. Moi je pensais le
contraire, et j'avais plutôt raison. Pas de réaction hostile du public vis à vis du bas-normand, et encore heureux. Si les publics des festivals commençaient à se laisser influencer par les
manoeuvres orchestrées dans les médias, on serait mals. Alors honteux ou pas ses textes ? Je ne sais pas, je n'ai pas écouté l'album et pas plus ce concert qui n'était pas une de mes priorités.
Toujours est-il qu'il a remis un peu d'huile sur le feu de la provocation machiste mais avec second degré (certaines filles doivent encore se dire "Putain mais quel connard"). N'étant pas rentré
dans les textes, je dois quand même souligner que derrière lui, le groupe qui était là assurait et faisait de la "vraie" musique, loin des trucs produits que l'on peut trouver maintenant dans le
rap avec quelques samples et des boîtes à rythme.
Après le rap, le reggae ! Enfin quelque chose d'un peu plus intéressant. Les Aggrolites !
Certes leur set n'a pas été constant et je les ai trouvés un peu poussifs au début, ayant du mal à vraiment se mettre dans le rythme et à se lâcher. Mais au fur et à mesure de la prestation avec
un public qui a plutôt bien suivi, ils ont finalement réussi a servir une fin de concert très bonne, avec des chansons toutes accrocheuses et pleines d'énergie entre reggae et ska. Les néophytes
auront au moins pu reconnaître la reprise de "Don't Let Me Down" des Beatles. Pour finir sur ce groupe sympathique, notons qu'il est assez surprenant d'avoir devant soi un groupe de blancs becs
aux cheveux courts pour jouer du reggae. Pas une dreadlock qui dépasse. Stupéfiant...
Le concert suivant ne m'a pas tant accroché que ça et je n'ai pas trop cherché à y rentrer. 10 minutes avant la fin de Zone Libre vs Casey, je me suis rendu compte que l'un des guitaristes, Serge Tessot-Gay, était celui de Noir Désir, mais bon, ça n'aurait pas changé
grand chose de le savoir. Comment parler de quelque chose que je n'ai pas vraiment entendu, certains savent très bien le faire. Juste pour décrire, un fond très rock avec par dessus des MC (Hamé
et Casey) qui assènent des paroles au contenu engagé. Sur le papier c'est très bien et ça peut faire penser à des groupes comme La Phaze (pour mes références), mais sur ce samedi je n'ai pas pu
apprécier le groupe à sa juste valeur.
Temps fort de cette deuxième soirée (pas le seul), Inspector Cluzo ! Ou comment démontrer
que la basse n'est pas un instrument nécessaire et qu'une guitare et une batterie peuvent suffir. Les Blood Red Shoes l'avaient déjà fait l'an dernier, mais peut-être avaient-ils un petit peu
moins d'énergie. Cependant ce n'était pas tout à fait le même style de musique et leur guitariste-chanteuse est quand même beaucoup plus mignonne que le barbu des Inspector, fin de la
comparaison, revenons à nos moutons (Comme duo connu, il y a aussi les White Stripes et les Black Keys, pas des manchots non plus). Des riffs tranchants, un jeu de guitare assez technique et un
son assez travaillé pour réussir à jouer à deux sans qu'il n'y ait de vide, des chansons riches en slogans faciles à reprendre en choeur ("Fuck the Bass Player !") et un investissement allant
jusqu'à imiter les Who (démantèlement de batterie), s'ils continuent ils ont encore un bel avenir scènique devant eux.
Pas seulement par la musique directe et inspirés des plus grands groupes de rock, c'est aussi par son attitude que le duo a su se mettre le
public dans la poche. Quelques invectives sensées être méchantes et de quoi éviter de passer pour des bisounours. Je cite : "Nous ne sommes pas un groupe de Heavy Metal alors arrêtez de pogoter
comme des connards". Des version différentes ont été trouvées, c'est du live, mais certains gars (et filles) qui viennent dans les fosses feraient bien de se souvenir de cette phrase, ça ferait
du bien et on pourrait profiter des concerts.
Alors que les critiques s'étaient tous rangés du même côté pour dire que leur premier essai était très bon, je les attendais sur cette scène
d'Evreux, et je n'ai pas été déçu.
Après l'explosion, une autre grosse affiche se produisant en la personne des Yeah Yeah Yeahs.
J'avais bien aimé certains de leurs travaux studio, et m'attendais à un bon concert. J'ai eu un peu de mal à rentrer dedans, c'est un peu poussif tout de même. L'immense globe oculaire du décor
était assez surprenant et donnait un petit côté surréaliste à la scène. Bonne présence scènique tout du moins de Karen-O et de ses compères et un bon concert quand même, mais ce n'est pas celui
qui m'a le plus marqué.
Je n'ai plus de connecteurs temporels pour exprimer la suite, mais parlons maintenant du "groupe qui joue le plus fort de New York", A Place To Bury Strangers. En voyant la description de leur musique, je m'étais dit que c'était le genre de groupes à me plaire. Et bien ce fut
le cas. Une musique par forcément facile à approcher, c'est quand même proche de la noise et les sons sont un peu comme un magma en fusion. Le trio sait installer une ambiance très prenante.
Certes ce n'est pas de la musique à danser mais plutôt quelque chose dont il faut s'imprégner, qu'il faut laisser rentrer en soi pour pouvoir pleinement en profiter. Forcément, des influences se
font ressentir, My Bloody Valentine ou The Jesus and Mary Chain ne sont pas bien loin. N'espérez pas non plus entrevoir de la lumière pendant un de leurs sets, l'ambiance est dark à souhait et
repousse très loin les limites de la cold-wave et du post-punk, Joy Division reste quand même le champion pour les ambiances macabres. Un groupe qui a de l'avenir auprès d'un public amateur du
genre, espérons en tout cas qu'il ne tarde pas à revenir fouler nos contrées.
Que de contrastes avec Tryo. Pour le coup, on est passés du temps orageux et maussade au grand
soleil des vacances. Une occasion pour ce concert de se rendre compte que même si parfois on peut se lasser, Tryo reste un des meilleurs groupes à voir jouer sur scène. Ils ne se contentent pas
de jouer, ils essaient surtout de communier avec le public, de lui faire vivre un concert et de lui faire passer ses messages. Forcément ça prend bien, tout le monde ou presque connaît tout le
répertoire par coeur et aide le groupe. Pour l'occasion, le groupe était d'ailleurs augmenté d'un sixième membre, un percussioniste venant tout droit d'Amérique du sud, Pablo Mendez, et qui a dû
découvrir cet été la chaude ambiance des festivals français. L'ambiance est chaude quand c'est Tryo en tout cas. La setlist était bourrée de classiques, normal car ils n'ont fait que ça. Les
derniers tubes ainsi que des plus anciens ont été joués, mais me rappeler de tous les morceaux après autant de temps serait trop difficile. Une petite chorégraphie sur "Around the World" de Daft
Punk plus tard, le concert était déjà fini et Tryo avait prouvé en près d'une heure et demi que son statut de tête d'affiche du festival n'était pas usurpé.
Pour finir le festival, il ne restait plus que les groupes électros et il y a eu au moins un bon truc, c'est le duo South Central. Encore un groupe qui vient de Brighton et tant mieux. Le seul souci c'est qu'après un set comme celui-ci vers la clôture, les jambes
sont détruites. Je ne me lancerai pas dans une description, deux gars encapuchonnés devant leur platines qui font une électro rythmée à souhait et pas emmerdante pour deux sous.
Data aussi faisait un travail intéressant avec son laptop, mais le toup était beaucoup moins
entraînant et s'est avéré assez répétitif tout au long du set, beaucoup moins propice pour motiver entre 1 h et 2 h du matin. Je pense par contre que ses disques doivent valoir le coup parce que
c'est tout de même bien arrangé.
Je n'ai pas vraiment regardé le groupe CLP qui passait en dernier car je suis parti.
Pour faire un petit bilan, pas beaucoup de têtes d'affiches cette année et surement un festival un peu moins bon que les années précédentes. Il y
a eu quand même des petits moments de creux pour moi. Mais quand même de bonnes découvertes comme Dead Rock Machine, South Central, A Place To Bury Strangers, The Thermals, Missill et des groupes
que l'on attendait et qui ont répondu présent comme Ghinzu, Inspector Cluzo et Tryo. En espérant que l'année prochaine soit riche en découvertes et en surprises pour les groupes
annoncés.
Par Satierix
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Publié dans : Live
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